Interventions
L’espace public est le terrain favori de Pol Paquet. C’est là qu’il peut réaliser le plus complètement son ambition de faire vivre l’art et de le partager. Avec des décors, des expositions, des carnavals, des fêtes, des fanfares, il investit la rue qu’il transforme en une immense scène où chacun peut trouver un rôle à sa mesure.
Décors, expositions
Pour les célébrations d’envergure, Pol est invité à pavoiser la rue à grande échelle ; souvent avec des moyens de fortune, mais il « n’était pas de ceux qui attendent les moyens pour réaliser ce qu’ils ont dans la tête » (Franz Bartelt).

Élément de décor. Festival mondial des théâtres de marionnettes-1988, décor de la façade du théâtre de Charleville.
En 1979, il habille la façade du théâtre pour le Festival mondial des théâtres de marionnettes avec le groupe de la « Marseillaise » de Rude qu’il recompose en marottes gesticulantes, puis les années suivantes il gagne un étage à chaque décor, jusqu’à occuper le toit d’où dévale en 1988 une avalanche de mains. En 1991, année Rimbaud, il peint sur un assemblage de grandes planches multicolores l’image du « voyant », yeux bandés pour annoncer les Rencontres Cinématographiques. En 2004, il ouvre les manifestations du 150e anniversaire de la mort du Poète avec des palissades où flashe en couleur fluo le portrait de Carjat qu’il décline ensuite sur tous les visuels de la manifestation.






Fêtes et carnavals
Tout compte fait, il fut un homme de spectacle, fasciné par le spectacle du monde et particulièrement doué pour restituer cette fascination à travers ses œuvres.
Franz Bartelt
Le spectacle a toujours passionné Pol. Tour à tour metteur en scène, acteur, costumier, accessoiriste, musicien, il organise des carnavals, des parades, ressuscite des fêtes oubliées. Il fabrique les costumes et les accessoires pour le Carnaval et la Fête à l’andouillette de Signy l’Abbaye.
La fanfare adéquate
Pas de fête sans musique. En 1981, Pol crée la fanfare adéquate ; il y joue – terriblement – du soubassophone : Odile Paquet-Cattalano abandonne son violon pour les cuivres et adapte les partitions pour une équipe de novices enthousiastes mais totalement ignorants du solfège. Ils sont bientôt rejoints et épaulés par des fanfarons chevronnés, des Beaux-Arts et d’ailleurs, venus des quatre coins de France pour animer les fêtes où la fanfare est invitée, aux quatre coins du département.
À défaut de changer la vie, il a travaillé à la rendre plus amusante.
Franz Bartelt

L’art à l’école
En 1974, Pol Paquet écrit et met en scène avec des élèves de lycée une pièce de théâtre didactique, truffée de références à l’art des années 60 et 70 ; son titre est programmatique : L’art c’est la vie. Un programme qu’il met en pratique tout au long de sa vie d’enseignant.
Travaillant avec ses élèves sur des décors d’exposition – Bicentenaire du Lycée Sévigné, Les femmes et la révolution – il donne à comprendre le processus de création : comment Adami déstructure les images, comment Warhol traite la consommation… Avec eux, il réalise le décor et la scénographie de l’opéra de Carmen, monté au théâtre de Charleville. Sa réalisation la plus audacieuse reste sans doute l’ensemble de peintures réalisées pour le collège Rimbaud qui de l’entrée au réfectoire fourmillait de citations, de Manet à Velickovic et de Michel Ange à Hergé. (détruit à l’occasion d’une rénovation).