Rimbaud, « un motif tripotable à souhait »

Pol Paquet en aura produit, des Rimbaud, tout au long de sa vie, en gravure, en peinture, en affiches, en blanc, en noir, en gris, en couleurs, en bois, en papier, et même en savon.
Il obtient son diplôme des Beaux-Arts avec un portfolio de gravures consacré à Rimbaud et Charleville. Quelques années plus tard, il convie Léo Ferré, autre poète, à venir chanter à Charleville, pour la première fois sur scène, son album Rimbaud-Verlaine.
N’ayant pas échappé au poète, il n’échappera pas non plus aux innombrables, diverses, et variées Commémorations du Poète, pour lesquelles il fut plus d’une fois mis à contribution. Il livre alors, pour les institutions ardennaises, nombre d’affiches, mais aussi des décors et des installations. A l’instar des situationnistes, il y détourne l’image du poète, par dérision, puis il passe au ready-made, par des déclinaisons infinies de la photographie de Carjat.
« Il est passé par ici, il repassera par-là », écrivait-il en 2004, à propos de Arthur Rimbaud, Charleville-Marseille 1854-2004

52e Foire des Ardennes – 130e anniversaire de Rimbaud. 1984.
« Rimbaud présentant la foire, pris dans des rouages industriels »


Arthur Rimbaud, Charleville-Marseille 1854-2004

En 2004, à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance d’Arthur Rimbaud, Pol Paquet crée en forme d’hommage son installation, Arthur Rimbaud, Charleville-Marseille 1854-2004 : ultime vision du poète négociant et de sa fin dérisoire à Marseille. L’œuvre a nécessité plusieurs mois de recherche et de préparation, en particulier à Marseille auprès d’un savonnier, pour le travail et la présentation des multiples savons montés sur socle ou gravés à l’effigie du poète. L’œuvre a été présentée dans la vitrine du Conseil général, puis reconstituée dans la vitrine du Musée de l’Ardenne lors de la rétrospective consacrée à Pol Paquet en 2011.

Arthur Rimbaud, Charleville-Marseille 1854-2004, 2004
Installation. Panneaux, savons de Marseille sur socles, tiges filetées, boulons, caisses, objets divers. © Angel Garcia, 2011

Marseille… Les éléments sont là : le savon, Rimbaud, sa triste aventure coincée, immature, ses dérapages, et son cheminement d’errant, hésitant, adulte simplement et stupidement : la glissade.

Pol Paquet